Illustrations manuscrites

Il faut toujours viser la Lune, car même en cas d’échecs, on atterrit toujours dans les étoiles

Oscar Wilde

⌠ Hélas, je ne reviens point du cosmos, mais sur mon pas de tir, d’autres fusées ont été lancées. Voici donc les derniers astres explorés sur lesquels j’ai toucher-Terre 

LE CORBEAU, texte original écrit et lu lors du
Sabbat de Samhain, le 31 Octobre 2021.

Je suis le fanal corbeau et j’ose, vous prévenir, de notre chute fatale dans les merveilleuses cités de la nuit avec ses étoiles en rimes et leurs faciès de premiers bourgeons de la Vie.

Mon plumage est redouté de vos images, tant le noir accordé à ma voilure est synonyme de mauvaise augure ! Mais le vert reflet qui y miroite est tout autant le verbe de l’espoir… !

C’est pourquoi, ce soir, en ce nouvel an païen, je vous envole vers des contrées fanées qui bourgeonneront à nouveau dès minuit passé.

Mais je peux aussi disparaître, en vain, pour vous laisser contempler, en levant les yeux vers la coupole céleste.

Elle, la première née, qui aujourd’hui laisse percevoir, entre ces deux mots : “percer” et “voir”, en travers et traversant, tout un imaginaire, des images que l’on transforme en extraordinaire, des esprits, des vies, des quêtes et des requêtes… car la frontière de ce ciel est plus fine que jamais… C’est comme si l’on pouvait traverser les constellations d’ici.

Mais je me dois d’incarner le symbole de mon ramage et vous raconter des histoires sans âges… alors laissez-moi vous expliquer qui je suis et mon rôle aujourd’hui.

Je suis tout le panorama du monde depuis les millénaires de la première seconde.
Je suis celui qui a soufflé de ses ailes l’originelle étincelle
mais aussi celui, qui, par les mêmes plumes, a réanimé des braises ainées, la flamme du Soleil à qui nous faisons nos étrennes en cette nuit de Samhain.

Je suis le pouvoir de tout ce noir éclatant sans qui l’éclat n’existerait même pas !
Je suis l’oiseau jalousé de ma capacité à voler, mais surtout l’oiseau redouté que l’on ne prend plus la peine de regarder !
Je suis pourtant l’exploit, de résister aux chimères humaines, tantôt fantôme tantôt poison tantôt tarot…
Mais je reste l’un des plus beaux, l’élégance règnant sur mon manteau, comme les costumes gracieux que l’on portent aux funérailles, afin de se mettre en valeur le jour du deuil pour rendre hommage.
Coutume de mes plumes…

Je garde néanmoins le raffinement sous chaque éléments de la Terre, tenant moi-même l’hommage à l’air maussade, aux larmes de l’eau, et au miroir du feu sous mes griffes mystérieuses.

Je suis le fanal corbeau.
Je suis l’intervalle.
Je suis l’antre ; la taverne, la tanière, la grotte et le terrier.
Je suis entre l’Origine orale de la parole et la Mémoire écrite des mots.
Je suis le vent entre le sillon des lettres et le relief des sons.
Je suis le voile suranné d’un alphabet et le cri rauque, puissant, des instruments à vent.
Je suis l’air qui bat le vent et le vent à la fois, celui qui me fait battre les ailes pour voler…
Je suis le songe sur qui repose le Monde.

Car je suis le songe du Monde.
Celui-là, l’intangible qui tangue, qui croit et dont je croasse le nom.
Pourtant, je reste sous silence.

Pourtant, sous vos yeux et sous vos pieds s’entretiennent des légendes, des mensonges, des croyances sur la frontière de ce monde… Elles sont pour la plupart fécondes, et nourrissent pour qui veut le voir la transparence dudit monde.

La transparence de la frontière.
Ce soir, elle est si saine, simple et belle que la pureté semble masquée, piétinée, à peine façonnée par nos phalanges !
Peut-être parce-que ce n’est pas nous qui la créons, mais quelques anges…

Je vous dis non !
Et je vous dis qu’elle est là, la beauté !
Et que c’est bien vous qui la créez : nous, le Grand Tout.

Nous ouvrons cette frontière diaphane entre deux Univers, celui des mots, des sons, des morts, des vivaces, des vécus, des vivants survécus, des sions.
Nous l’ouvrons dans la mort du Soleil, dans la fin des moissons, dans la pénombre d’étincelles, le grincement des violons, le phare de la Lune et les feux des étoiles…

Elle flotte ici, en nous, dans le berceau de nos espoirs, dans le nouvel an renoué au renouveau, dans nos lanternes de cœurs qui palpitent face au frisson et dans le vertige, qui, bien assez tôt reviendra, de tout cueillir à nouveau…

Je suis la frontière, qui vous repousse et vous fascine, comme l’eau glacée coule goûte à goûte dans une bassine telle la vie qui s’égrène jour à jour jusqu’à atteindre une mort pénétrante que vous n’osez plus regarder de peur de l’émoi.

Je suis augure et esclave, auguste et roi.
Je suis le fanal corbeau et j’ose, vous prévenir, de notre chute fatale….

/

Photographie de Romain Villeroy.


Qui fait les vagues ? Les cachalots.
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Collection 2020 des cartes de voeux “pour le monde”.

Illustrations issues d’originaux.

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Dessin 29,7 x 42 cm, A3. Réalisé pour un concours parisien. Non retenu. Encre sur papier 250g. Une semaine de travail.

” Flottante dans les méandres, entre les abysses et le spatial, mouvante dans le flux, perdue entre les plis subtils d’une
réalité qui n’existe plus, perdue dans les jours, les heures, les pensées du rien et pourtant vive dans la conscience du tout. “