Le propos

Donner à l’écriture manuscrite une nouvelle boite à lettre, sur les écrans de pixels, lui offrir ce paradis, sûrement artificiel, et s’y tenir.
Ouvrir une lettre, décacheter ses yeux, épanouir une fenêtre.

Le propos de cet espace de pixel est d’arborer, avec inclination et par bien des sujets ; la musique des mots, leurs recels et leurs paysages.
Faire de ce vide-internet une forêt d’émaux et de mots, de visages et de maux, peut-être.
L’intention est d’en détacher des clairières, pleines des rayons du Soleil et de s’y attacher, comme l’on s’entiche d’éclaircie dans les plaines.

En cela, parler de voyages, converser poésie, discuter des comètes, éclairer phares et fards.
Les embraser ou les incendier…

Sans masques sinon ceux de la beauté, parler maquillage.
Les mirettes grandes ouvertes, de l’Astronomie. Aussi.
Parfois murmurer des recettes, et à l’occasion, avouer des avis, une opinion qui épicera le Monde
ou qui rendra doux un quotidien trop certain qui ne s’épanouit qu’en ronde.

Ressentir la pluie, comprendre les riens et s’éprendre du tout, du rien donc du tout.
Chercher le tout jusqu’au tout petit rien.

Trouver quelque chose à chercher, sans cesse, discerner ce quelque chose dans le ciel.
Celui qui vous fait lever les yeux ; ne serait-ce pas l’Appel ?

Simplement donc,
appeler le vent et entendre la caresse de la mer, au loin, pour de bon, pour du bien.
Traverser les murs, les routes et les espaces, l’instant d’un espace.
Contacter les flots de la vie comme l’on s’éprend au contact du bois.
En ressentir sa force, son âge, les veines de l’esprit.

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Par amour de l’épistolaire, par manque de correspondance et de correspondants, par amour de la mémoire de papier,
par amour des fusées : celle-ci je la lancerai.

Pour que les mots s’entrechoquent et que les pages se télescopent.
Par un billet, une humeur, une visite.

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