Il semble qu’il faille, dans cette société, se présenter ordinairement. Alors brutalement, et en fanfare, je m’expose :
je me nomme Pao, d’un âge de trente ans, actuellement Lorraine, trois chats, me déplaçant dans un vaisseau roulant quelque peu handicapant (toujours en cette même société). Voici mes principales et considérables informations pour l’assemblée.

Voilà depuis jadis, donc depuis toujours et surtout depuis l’âge d’appréhender un crayon, un pinceau, une pensée, que je dessine, écris, peins, observe.
De façon à soumettre plus d’intimité dans cette phrase, j’avoue même que je crée sans avoir fait d’études importantes* autre que le contemplatif : de manière autodidacte.

Mon éducation s’est amourachée des livres, des poëtes de toujours, des rythmes et des vers compliqués. Mes relations se sont davantage liées aux Préraphaélites, aux Romantiques, aux monstres-seuls de la littérature anglaise, rejetés par leur concitoyens par peur d’une force, d’un mystère ou d’une difformité, plutôt qu’à une foule d’amitié.
Peut-être était-ce moi le monstre, dans l’uniforme d’un corset – robot – mécanique – rêveur.
Puis se sont faufilés dans mes veines l’amour, la nature, les bourgeons, le Printemps et l’Été.
La grande astronomie, le cosmos, la simple magie. La rime. Les fusées. Le lien en ma vie.

Je crois fort à la beauté des choses et à sauver encore un peu le monde, mais cela passe par la poésie du banal et des quotidiens, puisqu’il n’y en a pas qu’un, et les voir, simplement en agrandissant notre pupille ou justement, en floutant la vue.

L’apprentissage du monde ne m’est pas achevé.
Dans mes contemplations journalières, je les aquarelle, les stylos, les pinceaux, je les mots
pour en extraire tout le lyrisme, et c’est ce qui tend ou essaie de s’échapper de ces travaux, infiniment petits.

*sauf celles d’Histoire de l’Art, une autre vision.